Beaucoup pensent que la communication est facile. Aligner quelques mots et images et hop! les clients afflueront.
Même si « créer » est à la portée de tous, « créer selon des contraintes et pour atteindre un objectif » est un chemin que seule l’expérience permet. Cette lanterne qui n’éclaire que celui qui la porte mais qui se partage selon son intensité.
Et c’est pour cette raison que des agences conseils en communication existent. Sauf que la communication n’est pas une science exacte, car elle fait intervenir un élément incertain: la psychologie humaine…et elle en dépend.
Comme on le sait, Nous, Hommes, recevons des quantités énormes d’informations par jour, et pour ne pas saturer notre cerveau les filtre. Ainsi il traduit et interprète en permanence pour que nous les assimilions le mieux possible, selon notre culture, notre éducation, notre environnement…etc. Les publicitaires utilisent donc les mêmes codes pour garantir le message. Ils savent agir sur le ton pour créer une émotion. Mais chacun d’entre nous, selon notre expérience de la journée, va malgré tout recevoir le message et le mettre à notre sauce. Nous allons faire des associations d’idées qui sont dues à d’autres événements extérieurs.
Pour résumer:
« Entre
- Ce que je pense,
- Ce que je veux dire,
- Ce que je crois dire,
- Ce que je dis,
- Ce que vous avez envie d’entendre,
- Ce que vous croyez entendre,
- Ce que vous entendez,
- Ce que vous avez envie de comprendre,
- Ce que vous croyez comprendre,
- Ce que vous comprenez,
Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même… », Bernard Werber
Pourquoi je vous dis cela?

Je suis tombé sur un article de Médisite, dans lequel on apprend que 2 chercheuses ont testé sur 130 personnes les effets de pubs alimentaires pour des produits gras et sucrés accompagnées de la mention sanitaire « manger 5 fruits et légumes »…le résultat n’est pas étonnant.
Les candidats perçoivent la mention comme une solution à un écart. Ils se permettent donc plus d’écarts, puisqu’ils ont mangé « sainement ». Le même effet existe avec le sport: « puisque je fais du sport je peux manger ce que je veux ».
Et là c’est le drame…l’action de protection sanitaire échoue.
Ce comportement est tout à fait normal. Lorsque que nous sommes face à une affiche on le traduit en positif, nous cherchons toujours à positiver l’information et éviter les interdictions. Peut-être une règle de survie.
En effet soumis à un événement étranger stressant récurrent, le corps réagit, il a 2 solutions soit il rejette l’événement (risque de devenir fou si on ne peut pas l’arrêter) soit il accepte et positive. C’est ce qui se passe avec le « matraquage publicitaire » par exemple.
Donc nous relâchons notre défense et faisons parfois le contraire de ce qui est conseillé. Dans notre cas, le bien-être de notre santé.
Les autorités, syndicats et autres organismes qui décident des mentions (http://www.mangerbouger.fr/), devront évoluer et réagir, car les effets ne sont plus efficaces. Surtout auprès des jeunes qui, habitués aux mentions, l’intègrent dans le message et effacent son sens premier. Alors qu’elles doivent les responsabiliser. Les nombreuses campagnes de lutte contre le tabac et l’alcool prouvent que les esprits s’habituent et qu’il faut être plus créatif que la veille et bien moins que le lendemain.
A contrario, une publicité alimentaire sans mention est radicalement classée « male-bouffe ». Dans le fond elle est utile mais la forme n’est plus adaptée.
La difficulté vient peut-être du fait que la mention n’est pas directement liée au produit. Si on montre un hamburger et que la mention dit « manger ce hamburger nuit à votre santé » avec une image (comme pour le tabac ou l’alcool) sans proposer de solutions « manger 5 fruits et légumes », les objectifs seront peut-être atteints.
Un jour, nous verrons ces mentions sanitaires, devenues vitales, quand l’obésité deviendra un enjeu majeur.
