Amnesty International lance sa campagne « Contre le commerce irresponsable des armes », avec l’agence TBWA.
La campagne a choisit la répétition pour appuyer son message. Comme on le sait, la répétition permet la mémorisation. Donc pendant 100 jours, chaque semaine, un visuel sortira pour dénoncer la mauvaise régulation du commerce d’armes et ses atrocités. Les visuels seront publiés sur la page Facebook chaque lundi. Une véritable rafale!
L’adoption du traité international prévue en juillet 2012, montre que la moralisation de ce commerce progresse. Mais cette campagne informe sur le fait que tout le monde doit prendre conscience, elle est militante. Alors qu’elle est tout public, qu’elle a un rôle sociétal, sa véritable cible est les politiques. Même si elles recrutent en permanence de nouveaux donateurs, elle affiche sa puissance de feu aux gouvernements, et est toujours en guerre contre les injustices.
Facebook est idéal pour la relation publique, c’est le réseau social qui a participé aux révolutions. Il permettra d’installer dans la durée la campagne, de raconter une « histoire » sur la page, de relayer la progression du traité et d’avoir une résonance sur le web.
Amnesty International est obligée de faire preuve de créativité pour exister malgré sa notoriété, parmi les autres ONG, et pour ce 1er visuel, une kalachnikov (600 coups à la min…100 coups en 10sec.), elle a choisit d’associer les conflits syriens et met en scène une pièce de boucherie…c’est une mise en pièces…
La vente d’armes non contrôlées amène à une folie meurtrière, une boucherie. Avec l’accroche cinglante et sanglante « Moins il y a de règles, plus le commerce d’armes est juteux » on peut se poser la question « juteux » pour qui? Un jeu de mot qui sous-entend que les règles actuelles facilitent plus le trafic qu’elles ne protègent les innocents. Atteinte à l’aloyau-té des gouvernements (en particulier la Russie).
Amnesty International n’a pas l’intention de discuter le bout de gras. Cette campagne a pour force de faire naître des images atroces mais qui sont bien réelles et qui tranchent dans le vif. Car on comprend bien que le morceau de viande est la victime et non l’arme, mais il est contre éthique de montrer ce que je viens de dire. Ils ont fusionné l’outil qui sert à la transformation avec le résultat final de la transformation…bien plus qu’un état de mort. Ce n’est plus la relation entre la vie et la mort, mais celui entre humain et objet, prédateur et proie, chasseur et animal. Entre ceux qui ont le pouvoir et ceux qui le subissent.
Dualité que nous retrouvons dans l’affiche:
- l’accroche « moins…plus »
- le visuel arme/viande
- couleur rouge/gris
- le body en deux colonnes les faits/la solution
Une belle communication servie à la découpe à partager entre amis.
Source: Amnesty International
